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jeudi 9 avril 2015

France : des recommandations pour relancer l’économie



Les prévisions de croissance pour la France sont optimiste (Le gouvernement français prévoit un taux de 1% et l’OCDE 1,1%). 


La France souffre de plusieurs problèmes qui fragilisent son économie: hausse du taux de chômage, fragilité des finances publiques, les niveaux importants de  déficit d’endettements.
Afin de relancer sa croissance économique, des études économiques donnent les recommandations suivantes à la France :
La favorisation de la concurrence : ceci peut être réalisé grâce à la libéralisation des professions réglementées, la suppression des tarifs réglementés dans les secteurs concurrentiels, l’abandon des pratiques de numerus clausus, la révision par une organisation indépendante des réglementations qui s’appliquent aux entreprises, etc.
La réforme du marché de travail : cette mesure figure parmi les dispositions urgentes à entreprendre. La France doit revoir la réglementation des contrats CDI (contrat à durée indéterminé), la simplification des procédures de licenciement, la baisse du coût du travail, etc.
La réduction des dépenses publiques : ces dépenses dépassent 50% du PIB. Le gouvernement doit rationaliser et contrôler les dépenses surtout celles liées au volet social : santé, retraite, etc.
L’amélioration de la formation professionnelle 
Comme réponse à ces recommandations, le président français a annoncé une série de mesures visant à favoriser l’investissement du secteur privé. Il s’agit surtout de dispositions fiscales et de la facilitation de l’obtention de financement pour les entreprises qui désirent investir.

mardi 7 avril 2015

Maroc : une loi pour lutter contre l’enrichissement illicite.



Longtemps oublié, l’enrichissement illicite fait désormais l’objet d’un texte de loi dans l’avant-projet du code pénal marocain. Cet article de loi va susciter la polémique même si son adoption est une nécessité afin de protéger l’économie marocaine.


Selon l’avant-projet du code pénal marocain, l’enrichissement illicite est définit comme : « Est considéré comme coupable d’enrichissement illicite (…) tout fonctionnaire public dont le patrimoine financier a connu une hausse non-justifiée si elle est comparée à ses revenus après sa prise de fonction, et dont il ne déclare pas l’origine ». Cela concerne tous les fonctionnaires du secteur public et les coupables d’enrichissement illicite risquent la prison ainsi qu’une amende qui peut atteindre les 50.000 dirhams. Des peines relativement légères pour un délit qui a un impact négatif sur tous les aspects de la vie d’une nation.
Cependant, l’application de cette nouvelle disposition du code pénal pose plusieurs problèmes au législateur marocain. La première difficulté est liée à la définition de l’enrichissement illicite et à l’obligation de prouver que l’enrichissement du fonctionnaire est illicite tout en respectant la présomption d’innocence.  De plus, l’application effective de la loi contre l’enrichissement illicite suppose la mise en œuvre d’outils susceptibles de tracer l’origine des fonds et de prouver la licéité ou l’illicéité d’une fortune, chose qui n’est pas facile.
D’autres dispositions juridiques viennent renforcer la lutte contre l’enrichissement illicite au Maroc. Il s’agit notamment de la loi relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et la lutte contre la corruption.
L’enrichissement illicite a des conséquences graves qui touchent tous les domaines et tous les secteurs d’une nation. L’enrichissement illicite affecte la primauté des droits. L’intérêt personnel de certains fonctionnaires passe avant la notion du devoir et de l’intérêt général du citoyen et de la nation Les citoyens ne sont plus égaux dans le droit de bénéficier de certains services de l’Etat. Cela impactent négativement la confiance qu’ont les citoyens en l’intégrité de l’Etat et de ses institutions.
L’enrichissement illicite touche également la notion de la démocratie. En restant impunies, les bénéficiaires de l’enrichissement illicite bénéficient d’une certaine discrimination et d’une violation des droits de citoyens. Cela peut également aider certaines personnes à accéder à un pouvoir où à des hautes fonctions qu’ils ne méritent pas et par conséquent nuire au pays et à son développement.   
Sur le plan économique, l’enrichissement illicite nuit au développement économique et influence la distribution équitable des richesses. Il entrave l’investissement étranger et national et par conséquent freine la croissance économique.  Il peut également affecter les recettes de l’Etat ce qui mène à  limiter les investissements publiques et les projets d’infrastructures.
Sur le plan social, ce fléau contribue à élargir le gap entre les couches sociales. Il peut  aggraver les inégalités sociales et engendrer des conflits et des tensions.
Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement doit faire plus d’effort afin d’améliorer la situation socio-économique de ses fonctionnaires et de renforcer son système judiciaire pour lutter contre la tentation de recourir à des pratiques illégales pour augmenter le patrimoine personnel.

samedi 21 mars 2015

Pétrole : et la baisse des prix continue

La baisse des prix de pétrole est toujours un sujet d’actualité, ce qui est tout à fait normal vu l’importance de cette matière pour l’économie et la croissance mondiale.
La baisse du prix de pétrole est principalement due à l’augmentation de l’offre provenant des Etats-Unis, une conjoncture économique morose et aux tentatives des grands producteurs de préserver leurs parts de marché.
Cette baisse continue parce que les grands producteurs de pétrole ont suffisamment de réserves pour pouvoir supporter les conséquences de la chute des prix. Ils espèrent resserrer le marché en se débarrassant des producteurs qui ont des coûts de production élevés, ne leur permettant pas de supporter la diminution du prix de baril.
Cependant, les analystes trouvent que cette solution n’est pas efficace. Les Etats-Unis utilisent de nouvelles techniques innovantes pour l’extraction du pétrole de schiste. Les entreprises qui travaillent dans ce domaine sont de petites tailles et par conséquent, elles sont flexibles et capables de s’adapter au changement de leur environnement. Il n’est pas exclu qu’elles arriveront à sortir indemnes de cette guerre de prix.
Malheureusement, le happy end n’est pas prévisible pour tout le monde. Certains producteurs souffrent des conséquences de cette guerre de prix (Nigeria, Russie,…). Leurs recettes budgétaires se trouvent dramatiquement diminuées.
Il est probable que cette baisse de prix va continuer. Les producteurs préfèrent continuer à produire malgré les faibles marges. Cependant, il y a quand même un seuil à ne pas franchir pour garantir un minimum de rentabilité.
Les winners de cette situation sont nombreux. Les pays importateurs peuvent enfin souffler. Leur déficit budgétaires et le déficit de leurs comptes courants vont enfin baisser. Les entreprises peuvent gagner en  compétitivité et même constituer des réserves de l’or noir.

Pour les perdants à cause de cette baisse des prix, il n’y a vraiment pas une grande surprise. Ce sont les producteurs de pétroles qui souffrent de cette guerre de prix. Certaines entreprises ont été obligées de réduire leurs coûts en baissant les salaires. Leurs marges ont été aussi diminuées. Les entreprises qui ont un lourd poids de la dette risquent même la fermeture avec tout ce que cela peut entraîner pour leurs salariés et leurs fournisseurs.  

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mercredi 11 mars 2015

Les paradoxes et les freins au décollage économique marocain : Etat des lieux de l’économie marocaine par la Banque Africaine de Développement

Dans mon article de cette semaine concernant les prévisions optimistes pour la croissance au Maroc (Lire l'article), j’ai annoncé que le pays a entrepris plusieurs réformes pour améliorer sa croissance et booster son économie. Cependant, le Maroc a encore beaucoup de problèmes qui entravent son développement. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), Le Maroc a trois grands problèmes qui bloquent son développement et sa compétitivité. Ces trois freins sont le foncier, l’éducation et la fiscalité.

Dans son rapport qui dresse un état des lieux de l’économie marocaine, réalisé à la demande de chef du gouvernement marocain, la BAD  a diagnostiqué trois paradoxes et cinq freins à la croissance du pays.
Les paradoxes de l’économie marocaine sont :
Le Maroc enregistre un taux d’investissement très important. Ce taux a atteint 31,7% du PIB en 2012. Cependant, le Maroc continue a enregistré un taux de croissance inférieur à ce qui peut être espéré par les modèles économiques.
L’industrialisation de l’économie marocaine reste faible.
Une faible présence des PME et un secteur privé peu dynamique.
Selon le même rapport, le décollage de l’économie marocaine et l’amélioration de sa compétitivité à l’échelle internationale sont freinées par cinq principaux obstacles :
Le capital humain : l’insuffisance du capital humain marocain est principalement due aux difficultés du système d’enseignement et celui de la formation professionnelle et la persistance d’un taux élevé d’analphabétisme, en particulier chez les femmes. (Voir l’article sur la parité entre homme et femme dans la vie économique au Maroc )
La justice : la justice marocaine fait partie des domaines que le gouvernement marocain compte réformer d’urgence. Sa lenteur, son manque d’indépendance, etc. influence négativement les activités économiques du pays.
Le système fiscal : BAD trouve que le système fiscal marocain souffre de plusieurs distorsions et ne pèse pas de façon équilibrée sur les différents agents de l’économie marocaine.
Le foncier : le système foncier marocain est compliqué à cause de la diversité des statuts et des tutelles. L’accès au foncier reste toujours difficile surtout dans des régions qui attirent beaucoup d’investissements.
Le code de travail : la législation marocaine du travail est critiquée pour sa rigidité et ses coûts élevés.
Le gouvernement marocain est conscient de la présence de ses difficultés. La réforme fiscale et celle du système juridique font partie de ses priorités. Le Maroc travaille également sur l’amélioration de son système d’éducation et de formation professionnelle pour une meilleure adéquation entre l’offre et la demande d’emploi. Le foncier étant un problème qui entrave l’investissement, le gouvernement essaye de trouver des solutions en proposant un système de location à des prix abordables.
Le fait de connaitre ses problèmes constitue un grand pas vers le développement. Reste maintenant de trouver des solutions et continuer les efforts déjà entrepris pour booster la croissance économique du Maroc.

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mardi 10 mars 2015

Maroc 2015 : Toutes les données sont en faveur d’une meilleure croissance économique.

Les prévisions de croissance pour l’année 2015 sont très optimistes pour le Maroc. La loi de finance 2015 table sur un taux de 4,4%.



En 2014, le Maroc a affiché un taux de croissance très modeste : 2,4% du PIB. Cependant, des signaux  intérieurs et extérieurs laissent prévoir des résultats positifs pour l’année en cours.
Sur le plan extérieur, le Maroc profite pleinement de la baisse du prix du baril de pétrole. Cela va lui permettre de réduire la facture des hydrocarbures et certaines industries peuvent même augmenter la valeur ajoutée de leurs produits.
Un autre signe extérieur positif, la reprise économique des partenaires stratégiques du Maroc (Espagne, France…). Si cette reprise se confirme, il y aura une hausse de la demande étrangère adressée au Maroc. La balance commerciale du pays sera soulagée et les entreprises marocaines pourraient diminuer l’effet des importations qui se vendent au Maroc à des prix très compétitifs.
Sur le plan intérieur, tout laisse prévoir une bonne compagne agricole. De plus, la majorité des secteurs de l’économie sont en progression depuis le deuxième semestre de l’année 2014.
Les nouveaux métiers du Maroc comme l’automobile, l’électronique et l’aéronautique ont permis de porter les exportations marocaines à la hausse, participant ainsi à l’amélioration du taux de couverture des importations par les exportations.
Le Maroc a aussi travaillé sur le rétablissement de ses équilibres macro-économiques. Ainsi, le déficit budgétaire est passé de 7% du PIB en 2012 à 4.9% en 2014. Le déficit du compte courant est passé de -9,7% en 2012 à -5.8% en 2014. Cette amélioration du déficit du compte courant est due surtout à la réduction du déficit commercial, la croissance des transferts des MRE qui continuent à être une source importante de devises et la hausse des IDE.
Cependant, malgré ces performances positives, l’économie marocaine n’arrive pas encore à réaliser une croissance suffisante pour absorber toutes les demandes d’emploi, en augmentation chaque année. Ainsi, en 2014, le taux de chômage a atteint 9,9% contre 8,9% en 2011. Le Maroc doit aussi accélérer la mise en place des différentes stratégies sectorielles qu’il a lancées et poursuivre les réformes de la compensation, des régimes de la retraite et de la justice. Des décisions douloureuses certes, mais qui restent nécessaires pour pouvoir faire partie des économies émergentes. Ces réformes et ses stratégies feront l’objet de prochains articles pour donner plus de détails sur les mesures entreprises par le Maroc pour booster son économie et sa croissance.

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samedi 7 mars 2015

La Banque Mondiale et le Maroc : Un nouveau prêt pour soutenir le développement économique du pays.

Le Maroc a obtenu, le 2 mars 2015, un prêt de 200 millions de dollars de la Banque Mondiale.
Le prêt a pour objectif de soutenir la compétitivité du Maroc et les chantiers de réformes qu’il a lancé afin d’améliorer son environnement des affaires et de booster sa productivité et sa croissance. Les actions à entreprendre dans ce domaine visent notamment l’assouplissement et la simplification des différentes procédures commerciales et le respect des règles de la concurrence afin de relancer l’investissement marocain et étranger, de diversifier l’économie marocaine, d’améliorer les capacités d’exportation des firmes, de redynamiser le secteur privé et la création de l’emploi pour réduire le taux de chômage qui a avoisiné les 10% en 2014.
Le Maroc a entreprit la réforme de son économie et son cadre réglementaire depuis plus d’une décennie. Cependant, il lui reste encore beaucoup à faire pour pouvoir faire partie des pays émergents. Le nouveau prêt accordé par la Banque Mondiale a pour objectif d’aider le Maroc dans ses efforts de développement. Ainsi, le prêt soutiendra les réformes déjà lancées en 2013 et qui ont été financé par un premier prêt accordé par la Banque Mondiale. Ces réformes visaient la simplification des procédures relatives à la création et la gestion des entreprises.
Ce nouveau prêt soutiendra également les efforts d’amélioration des opérations commerciale et des échanges internationaux du royaume ainsi que la réforme de la gouvernance économique du pays, l’amélioration du climat des affaires, de la transparence et de la concurrence.

mardi 3 mars 2015

L’Inde, une nouvelle locomotive de la croissance économique mondiale

Dans mon article du jeudi 26 février, j’ai parlé de ces pays qu’on prévoit qu’ils seront la locomotive de la croissance mondiale pour, au moins, les deux années à venir. (Lire l'article)
Parmi les pays pour lesquels on prévoit une belle croissance économique, il y a l’Inde qui est entrain d’essayer de devenir une vraie puissance économique. Les économistes voient que dans une année ou deux, le taux de croissance indien sera plus élevé que celui de la Chine.



L’économie indienne est une économie de contradiction. D’un côté, on a le développement de grands centres tertiaires. De l’autre côté, on a des taux de pauvreté qui font froid dans le dos. La population indienne a dépassé le un milliard d’habitants depuis plus d’une décennie (1 267 millions, selon les statistiques de 2014 de la Banque mondiale). Selon les données de l’UNICEF (2012), le taux d’alphabétisation de ce pays est de 63%.
Selon la Banque Mondiale (2013), les trois secteurs majeurs qui contribuent dans le PIB indiens sont :
  • Les services : 66,1%
  • L’industrie : 17%
  •  L’agriculture : 16,9% (elle emploie plus de 60% de la population active)

Le pays a connu au début des années 90, de grandes réformes économiques. Une grande partie de l’économie du pays s’est libéralisé et de nouveaux secteurs d’activité se sont émergés. La croissance économique va continuer pendant les années 2000. Même en 2008, la croissance indienne a affiché un beau taux (8,7%). L’économie du pays a cependant ralentit. Les effets de la crise mondiale ont fini par atteindre le pays et la demande intérieure a faiblit.  Les dépréciations consécutives de la roupie ne sont stabilisées qu’en 2014 grâce aux efforts de la banque centrale indienne et la confiance des investisseurs qui croient plus en la devise indienne qu’en celles des autres pays émergents.
L’économie indienne a su se diversifier. Concentrée au départ sur des activités de services qui demandent une main d’œuvre qualifiée, elle est maintenant plus diversifiée. Elle a réussi à occupé la place de la onzième puissance économique mondiale. Plus que quelques efforts pour entrer dans le top 10 des puissances économiques.
Grâce aux différentes réformes entreprises, l’économie indienne s’est redressée. La bourse indienne est en très bonne santé, grâce notamment à la présence d’investisseurs étrangers. La roupie indienne se porte bien et les réserves de changes ont atteints des niveaux record.   
L’Inde a également bénéficié de la baisse des prix des matières premières et du prix du pétrole. Le pays importe presque 80% de sa consommation en or noir. Le taux de l’inflation est également entrain de baisser, au grand soulagement des ménages et du gouvernement indien. Et comme nous le savons tous, une inflation mieux maitrisée, signifie une baisse des taux d’intérêts, une redynamisation de l’investissement et une augmentation de la demande intérieure et de la consommation des ménages.
Afin de pouvoir jouer le rôle de locomotive de la croissance mondiale, l’Inde ne doit surtout pas oublier de résoudre les problèmes internes qui gangrènent son économie et là je cite la pauvreté, les conditions sanitaires précaires et les disparités régionales qui peuvent freiner sa croissance et affecter son développement économique.
Si les problèmes sociaux seront résolus et si l’Inde continue sur le même rythme de développement économique, il ne serait pas étonnant que d’ici quelques décennies, l’Inde serait une des cinq premières économies mondiales. 

jeudi 26 février 2015

Croissance économique : Quels pays feront les meilleurs résultats ?

Croyez-le ou pas, les meilleures performances en matière de croissance économique ne seront pas réalisées par les Etats-Unis ou la zone euro. Elles seront réalisées par des pays africains et asiatiques, au moins pour les deux prochaines années.
Selon les prévisions de plusieurs institutions et organismes internationaux, la croissance mondiale devrait se situer aux alentours de 3.2% en 2015 et connaîtrait une très légère hausse en 2016. Cette croissance mondiale est principalement tirée par certains pays asiatiques et africains comme la Chine, l’Inde ou le Kenya.
 Cependant,  dans un contexte économique morose, l’économie chinoise n’est plus ce qu’elle était. Avec un taux de croissance prévu de 7%, et malgré tous les efforts du gouvernement chinois, elle ralentit et n’affiche plus ses taux à deux chiffres qu’elle réalisait depuis plusieurs années. Ce ralentissement, déjà très palpable en 2014, est aussi l’une des causes de la baisse du prix de pétrole (Lire l'article).
L’économie chinoise est aussi entrain de connaitre de grands changements qui vont très probablement affectés le rôle qu’elle joue dans l’économie mondiale. Au début des années 2000, le monde a connu une très grande vague de délocalisation. Beaucoup d’industriels ont convoité les conditions très avantageuses offertes par la Chine. Abondance de la main d’œuvre et les très faibles salaires, combinés à la réputation qu’ont les ouvriers chinois ont fait que beaucoup d’entreprises se délocalisent en Chine, malgré l’éloignement et les problèmes logistiques qui pouvaient se poser. Actuellement, les conditions de travail en Chine sont entrain de s’améliorer. L’ouvrier chinois aura lui aussi un SMIG et les firmes étrangères ne pourront plus bénéficier de l’un des plus grands avantage de la délocalisation en Chine. De plus, les problèmes liés au secteur immobilier, qui s’est trouvé en surcapacité face à la limitation imposée sur le nombre de logement acquis, et la politique de la planification familiale et le principe de l’enfant unique affectent également la progression économique de ce pays.
Pour sauver l’économie chinoise et par conséquent la croissance mondiale, le gouvernement a entrepris un certain nombre de mesures notamment la baisse du taux directeur pour redynamiser l’économie. La chine a aussi commencé à véhiculer un nouveau message. Après s’être liée à la quantité, l’économie chinoise se plait maintenant à dire qu’elle fait moins mais elle fait mieux.
La Chine ralentit c’est vrai mais d’autre pays gagnent en puissance. Si la Chine a joué le rôle du locomotive pour la croissance mondiale, il est possible que se rôle sera très bientôt joué par un autre pays asiatique qui est l’Inde. Les pays africains peuvent aussi s’améliorer dans le classement des pays qui affichent une bonne croissance mondiale mais à condition de résoudre les problèmes qui freinent leur développement surtout le manque d’infrastructure et l’instabilité politique.

mardi 24 février 2015

Pétrole : une arme puissante dans la guerre des prix et de parts de marché

Le pétrole, l’or noir, l’élément indispensable à toute industrie, le très précieux liquide qui fait tanguer, positivement ou négativement, la  balance commerciale des pays est le sujet de l’article de cette semaine.

On comprend tous l’importance et l’effet du pétrole sur l’économie mondiale et sur la politique. A part son rôle de carburant pour l’industrie, le pétrole a été utilisé comme une arme pour faire pression sur l’une où l’autre partie pendant les guerres. A titre d’exemple, je cite l’embargo de 1973. Pendant la guerre de Kippour, et pour des raisons politiques, les pays arabes membres de l’OPEP ont lancé un embargo pétrolier contre les pays qui soutenaient Israël. Face à l’intervention américaine dans cette guerre entre les pays arabes et Israël, les principaux producteurs de l’or noir ont décidé d’augmenter le prix du baril de brut, de réduire la production et d’instaurer un embargo sur leurs livraisons de pétrole destinées à certains pays européens et aux Etats-Unis d’Amérique.
Ce petit rappel historique a pour but de nous montrer que lorsqu’il s’agit de pétrole, la situation peut être compliquée et comprend des considération qui ne sont pas toujours d’ordre économique. La politique a aussi son mot à dire.
Actuellement, les prix de pétrole sont en baisse continue. Ils ont atteints des niveaux si bas, qu’il est difficile de croire qu’il s’agit toujours du même carburant qui hante les pays importateurs au moment d’établir leur budget annuel et qui menace les équilibres financiers très fragiles de certains pays non producteurs.
En 2008, le pétrole a connu une augmentation de prix vertigineuse. Inférieurs à 60 dollars le baril de brut les prix ont grimpé en quelques mois et ont même dépassé les 130 dollars pour retomber  par la suite avant de grimper à nouveau. Cette variation à la hausse des prix de pétrole a impacté très négativement l’équilibre budgétaire, la balance commerciale et les réserves en devises des pays importateurs. Beaucoup se sont endettés pour pouvoir s’approvisionner en liquide noir. Industrie et consommation ménagère obligent.
Cependant, depuis 2014, les prix du pétrole sont en chute libre. Ainsi, le prix du baril du brut est descendu en dessous du seuil de 100 dollars et menace de baisser encore plus suite au ralentissement de la croissance de certains pays comme la Chine ou l’Union Européenne et la décision des pays producteurs de ne pas baisser la quantité produite, même si le prix du baril descend pour atteindre 20 dollar. A cela s’ajoute l’appréciation du dollar qui a poussé certains pays à réduire leur approvisionnement en pétrole et à tirer vers le bas la demande pour cette matière.
Cette situation qui fait le bonheur des importateurs et leur permet de reprendre leur souffle, n’a pas le même effet sur les pays exportateurs. Si certains arrivent à encaisser le coup et à tenir face à cette baisse des prix, d’autres le font moins. Et si cette baisse de prix est combinée à des sanctions et à des tensions diplomatiques, comme pour le cas de la Russie, son impact devient plus palpable et plus dangereux pour les équilibres macro-économiques du pays.
Puisqu’il y a certains producteurs dont le budget supporte très mal cette situation, pourquoi ne pas baisser la production pour stabiliser les prix ?
La réponse avancée par plusieurs analystes lie cette guerre des prix à une guerre de parts de marché. Les exportateurs veulent conserver leurs parts de marché devant l’apparition d’un nouvel concurrent qui est le pétrole de schiste exporté par les Etats-Unis et la réapparition de la Libye comme pays exportateur de l’or noir.  Pour le moment, le plus grand perdant de cette guerre sont les Etats-Unis car le coût du pétrole de schiste (aux alentours de 60 dollars) est supérieur à celui des autres exportateurs  et ne peux pas supporter une baisse en dessous de 40-50 dollars.
Pour le moment, personne ne peut prévoir l’évolution des prix du brut. Plusieurs facteurs sont présents pour rendre biaisée toute tentative de prévision. A l’état actuel des choses, et devant des Etats-Unis qui ne comptent pas baisser sa production et une reprise très lente de la croissance mondiale, on peut dire que cette baisse des prix va encore continuer, du moins dans le court terme.

mercredi 18 février 2015

La reprise de l’économie américaine et son rôle de locomotive de la croissance mondiale.

L’article de la semaine arrive avec une journée de retard et va vous parler de la reprise économique aux Etats-Unis d’Amérique.
Si la Chine s’essouffle et la Russie est en pleine difficulté, dans la région du Moyen-Orient, Afrique du Nord et dans certains pays asiatiques la croissance tend à reprendre son dynamisme et à se stabiliser après avoir connus beaucoup de perturbations ces dernières années. La zone euro se reprend en main mais un rythme plus lent que ce qui a été prévu et espéré par ses pays. La seule exception est l’Allemagne, ce pays fascinant auquel j’ai consacré l’article de la semaine dernière.(Lire l'article)
Dans cet environnement où tout le monde essaye de retrouver ses repères et améliorer sa croissance économique, l’économie américaine est entrain de sortir de la crise qui l’a affectée pendant quelques années et de redevenir l’une des locomotives de la croissance mondiale, avec un taux de participation qui s’approche de 3%. C’est sa plus large contribution depuis la crise financière de 2008.
La prospérité de l’autonomie américaine est due avant tout à son autonomie. Elle ne dépend pas des autres pays et par conséquent, les crises ou les difficultés de ses partenaires commerciaux ne peuvent pas avoir un grand impact sur elle. Les Etats-Unis ont aussi pu réduire le taux de chômage à moins de 6%. Cette amélioration de l’emploi, combinée à une augmentation des salaires, ne pourra qu’augmenter la consommation des ménages et dynamiser l’économie américaine.
La banque centrale américaine a enfin cessé ses injections de liquidité. Cependant, le rétablissement de la santé de l’économie américaine n’est pas fait à 100% et la banque centrale pourrait se voir obligée de continuer à supporter l’économie pendant un certain temps en maintenant les taux proches de zéro même si tout laisse croire que cette période de convalescence ne sera pas longue.


Les Etats-Unis ont même changé leur politique en ce qui concerne l’exportation du pétrole. Les entreprises américaines ont la possibilité d’exporter leur production. Une décision qui arrive en pleine guerre de prix entre les producteurs de pétrole pour conserver les parts de marchés. Je suis très curieuse de voir comment cette guerre de prix va évoluer et comment les Etats-Unis vont réagir car pour le moment, ils sont les plus grands perdants. Le coût de production de leur pétrole dépasse de loin celui des autres pays qui agissent dans le marché depuis des années.
L’économie américaine a évolué malgré la récession causée par la crise financière alors que d’autres pays du monde ont encore du mal à le faire. Les Etats-Unis ont réussi mieux que les autres pour des raisons qui reviennent principalement à la différence des fondements théoriques de la politique américaines et des caractéristiques de leurs stratégies.
La première raison de la reprise américaine est la reprise de la consommation intérieure. Comme je l’ai déjà mentionné, la banque centrale a maintenu des taux proches de zéro afin d’encourager la consommation. Et qui dit consommation, dit aussi relance de la production et de l’investissement.
La reprise américaine est aussi due à des mesures fiscales qui ont favorisées l’augmentation des recettes de l’Etat. Cette amélioration des revenus fiscaux est due à l’augmentation de certains taux d’imposition.
La reprise a été également favorisée par la maîtrise des dépenses publiques, l’assainissement des finances publiques et le remboursement des montants des prêts accordés par l’Etat pendant la période de la crise. Les Etats-Unis ont aussi mis en place des mesures favorisant les entreprises américaines sur les entreprises étrangères en matière d’appel d’offres pour encourager l’investissement et résoudre le problème du chômage.
A la différence des autres pays touchés par la crise, les Etats-Unis non pas hésités à prendre des mesures audacieuses sans se préoccuper de leurs effets immédiats sur le bilan. Ils ont continué à supporter l’économie au lieu d’adopter une politique caractérisé par l’austérité budgétaire.
Comme conclusion à cet article, on peut dire que l’économie américaine doit ses performances actuelles à plusieurs facteurs. De plus de l’intervention de l’Etat et de la banque centrale, l’économie américaine a su profiter des prix bas de l’énergie pour redynamiser l’investissement et l’industrie. Elle doit également sa survie à la grande capacité d’adaptation et de réactivité des entreprises américaines. Les autres économies qui sont toujours en difficultés doivent peut-être s’inspirer du modèle américain pour relancer la croissance de leur pays et sortir du gouffre de la crise économique.

mardi 10 février 2015

L’Allemagne et son excédent de commerce extérieur : une très bonne performance dans une zone en crise

En 2014, le commerce extérieur allemand a réalisé un bon excédent. Il a même dépassé les 200 millions d’euros alors que la zone euro galère pour reprendre son souffle et sa croissance.
La baisse des prix du pétrole a sûrement contribué à l’amélioration de la balance commerciale du pays d’Angela Merkel ; cependant, ce n’est pas la seule raison. En effet, cette super-performance allemande est due à la progression de ses exportations beaucoup plus que ses importations. Même ses exportations vers les pays de la zone euro ont augmenté et ce malgré, je le redis encore une fois, la crise économique que connait la région et les difficultés qu’elle a pour reprendre sa croissance.


Le commerce extérieur allemand n’est pas le seul à progresser. Pour l’année 2014, le PIB a augmenté de plus de 1%, portant ainsi les prévisions de croissance pour l’année 2015 à 1.5%.
Grâce à cette situation économique fleurissante, de nombreux emplois seront crées et le taux de chômage sera ainsi baissé.
Le ministre de l’économie a devancé toutes les critiques éventuelles concernant la faible consommation des ménages allemands en soulignant que c’est la demande interne qui sera la locomotive de la croissance allemande. Plusieurs facteurs viennent appuyer ces déclarations : la baisse des prix de pétrole, la mise en place d’un salaire minimum qui va entrer en vigueur au début de l’année 2015, l’augmentation des pensions de retraites, etc.
L’économie allemande se porte bien. Rien d’étonnant quand il s’agit de ce pays. Les échanges internationaux du pays sont en excellente forme peut être parce que le pays sait négocier et conclure ses accords commerciaux. Ils le sont aussi parce que le pays, à mon avis, a su construire une image d’un pays offrant des produits d’excellente qualité. Avec le temps, et dans l’esprit des consommateurs à travers le monde, les produits allemands sont devenus synonymes de qualité et de robustesse.
L’Allemagne a su véhiculer son image de pays ultra performant grâce au sport aussi. L’histoire du football prouve de quoi la Mannschaft  peut-être capable. Leur discipline et leur efficacité sur le terrain ont toujours fascinées les amateurs du ballon rond.
Les analystes économiques peuvent passer des siècles à analyser pourquoi la santé de l’économie allemande est bonne. Ils peuvent nous sortir des chiffres et des statistiques. Mais moi, je vois que la principale raison derrière la performance allemande plus simple que tout cela. La performance de l’Allemagne est due avant tout au sérieux de son peuple qui a su se reconstruire après son effondrement pendant et après la deuxième guerre mondiale. C’est un pays qui est passé par plusieurs crises mais qui a toujours fini par se relever. Ces dirigeants et responsables ont toujours pensé aux intérêts du pays au lieu de penser à leurs intérêts personnels. Ils n’ont pas hésité à faire des changements et des réformes lorsqu’il était nécessaire, même si cela leur a valu une perte de notoriété et de popularité. Car parfois, le peuple ne voit que le court terme et refuse des changement, douloureux certes, mais nécessaires. Ces hommes et ses femmes qui sont au pouvoir, ont réussi à associé le mot allemand à la qualité, le sérieux et surtout au patriotisme.
Les causes des excédents de l’économie allemande sont le fruit de longues années de durs labeurs. C’est un très bon exemple à suivre par tous les pays qui veulent faire du benchmarking afin de développer leur économie. C’est aussi une bonne leçon de patriotisme dont certains en ont vraiment besoin. Je parle de toute personne qui met ses propres intérêts avant ceux de son pays et puis elle attend le miracle du développement économique et social.
Pour avancer il faut bouger, mais surtout se donner à fond. Intégrité, sérieux et efforts continues sont la voie pour tout développement que ça soit économique, social ou personnel.
Toutes mes félicitations, Allemagne, pour ces très bons résultats économiques. Ils sont bien mérités.

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