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mardi 24 mars 2015

L’inégalité des sexes dans le domaine économique : tout le Monde est concerné.

La parité homme-femme dans le milieu économique est un sujet qui me tient à cœur et j’ai déjà consacré un article au cas du Maroc (Lire l'article). Le mois de mars avec toutes ces journées mondiales en relation avec la femme m’a poussé à me demander si l’inégalité entre les sexes est un phénomène qui est plutôt lié au pays sous développés ou en voie de développement. La réponse est non. Ce problème est présent partout dans le monde et n’est pas la spécificité d’une nation ou d’une région.



Selon la Banque Mondiale, beaucoup de progrès ont été réalisés dans plusieurs domaines : élimination des disparités entre les sexes dans l’accès à l’éducation primaire, amélioration sur le plan de la scolarisation au cycle secondaire et l’achèvement des études, etc. Cependant, il existe encore des domaines où beaucoup d’efforts doivent être déployés. Il s’agit surtout de la participation de la femme dans la vie économique de son pays.
Dans le monde entier, les lois et les coutumes discriminatoires ont et continuent à porter préjudice à la femme et à impacter négativement sa productivité.
La directrice principale du nouveau pôle  genre et égalité des sexes à la Banque Mondiale propose plusieurs mesures pour lutter contre l’inégalité homme-femme dans la vie économique :
Création de plus et d’une meilleure qualité d’emplois et pour les femmes ;
Garantie des droits de la femme à la propriété ;
Résolution des problèmes de violences contre les femmes ;
Garantie de l’accès au financement ;
Mesure et prise en compte du travail non rémunéré associé à la vie domestique.
Dans le secteur privé, les RH des grandes sociétés doivent faire en sorte d’attirer, de recruter, de développer et de retenir les bonnes compétences, des deux sexes. Un capital humain diversifié est un avantage pour l’entreprise. La différence dans la manière de raisonner et de traiter les problèmes que peuvent avoir les collaborateurs masculins et féminins ne peuvent qu’être bénéfiques pour la société.
Une étude de l’APE réalisée auprès de 18.000 cadre du secteur privé montre qu’ayant les mêmes compétences, les femmes gagnent toujours beaucoup moins que leurs collègues masculins. Ces écarts se réduisent chez les nouvelles générations. Malheureusement, il a été constaté que lorsque la conjoncture économique est bonne, les femmes voient le gap s’élargir entre leur salaire et celui de leurs collègues hommes. Ces écarts sont moins importants dans certains secteurs. Plus le secteur est serré en matière de diplôme et de débouchés, moins il y a d’écart.
Le gap entre les salaires est parfois lié aux contraintes de la maternité et au fait que la société assigne aux femmes plus de tâches domestiques et par conséquents, plus de difficultés pour avancer dans leur carrière. Plus grave encore, les femmes sont l’objet de stéréotypes sexistes qui affectent les perceptions qu’un patron peut avoir des candidates qui postulent pour un poste.
Un autre problème qui renforce l’inégalité entre les deux sexes est lié au manque de confiance qu’ont les femmes en elles-mêmes. Très souvent, elles n’osent pas postuler pour des postes de responsabilités. L’éducation joue un rôle important dans ce point. Les femmes ont aussi tendance à chercher la perfection. Si elles ne correspondent pas à 99% à la description du poste proposé, elles ne postuleront pas. De plus, elles sont plus inclinées à voir leurs défauts plutôt que leurs qualités.
Concernant entrepreneuriat au féminin, en Egypte par exemple, seulement 11 des entrepreneurs sont des femmes. Le pays a quand même réalisé un grand progrès dans ce domaine car il y a une décennie, ce taux était inférieur à 3%.
Pour les postes de PDG, une étude a montré que seulement 9% des PDG dans le monde entier sont des femmes. Très faible comme taux.
En France, aucune femme ne dirige actuellement une des quarante entreprises du CAC 40. Pour les PME, seulement 30% des femmes créent ou reprennent des entreprises.
Aux Etats-Unis, une étude menée par le cabinet EY sur un échantillon de 1500 grandes entreprises américaines, a permis de calculer la sous-représentation des femmes dans le poste de responsabilité (indicateur de plafond de verre). Il a été trouvé qu’il y a quatre fois plus d’hommes que de femmes dans les postes de responsabilité.

Egypte, France, Maroc ou encore Etats-Unis, ne sont que des exemples pour dire que l’inégalité des sexes n’est pas spécifique à un pays ou à une région du monde. On a beau être un pays développé, avec une économie fleurissante et des droits pour ses citoyens, l’égalité entre les deux sexes dans la vie économique existe belle et bien. L’ampleur mondiale du phénomène doit inciter à faire plus d’effort pour le résoudre car personne ne peut prétendre être épargnée. 

samedi 21 mars 2015

Pétrole : et la baisse des prix continue

La baisse des prix de pétrole est toujours un sujet d’actualité, ce qui est tout à fait normal vu l’importance de cette matière pour l’économie et la croissance mondiale.
La baisse du prix de pétrole est principalement due à l’augmentation de l’offre provenant des Etats-Unis, une conjoncture économique morose et aux tentatives des grands producteurs de préserver leurs parts de marché.
Cette baisse continue parce que les grands producteurs de pétrole ont suffisamment de réserves pour pouvoir supporter les conséquences de la chute des prix. Ils espèrent resserrer le marché en se débarrassant des producteurs qui ont des coûts de production élevés, ne leur permettant pas de supporter la diminution du prix de baril.
Cependant, les analystes trouvent que cette solution n’est pas efficace. Les Etats-Unis utilisent de nouvelles techniques innovantes pour l’extraction du pétrole de schiste. Les entreprises qui travaillent dans ce domaine sont de petites tailles et par conséquent, elles sont flexibles et capables de s’adapter au changement de leur environnement. Il n’est pas exclu qu’elles arriveront à sortir indemnes de cette guerre de prix.
Malheureusement, le happy end n’est pas prévisible pour tout le monde. Certains producteurs souffrent des conséquences de cette guerre de prix (Nigeria, Russie,…). Leurs recettes budgétaires se trouvent dramatiquement diminuées.
Il est probable que cette baisse de prix va continuer. Les producteurs préfèrent continuer à produire malgré les faibles marges. Cependant, il y a quand même un seuil à ne pas franchir pour garantir un minimum de rentabilité.
Les winners de cette situation sont nombreux. Les pays importateurs peuvent enfin souffler. Leur déficit budgétaires et le déficit de leurs comptes courants vont enfin baisser. Les entreprises peuvent gagner en  compétitivité et même constituer des réserves de l’or noir.

Pour les perdants à cause de cette baisse des prix, il n’y a vraiment pas une grande surprise. Ce sont les producteurs de pétroles qui souffrent de cette guerre de prix. Certaines entreprises ont été obligées de réduire leurs coûts en baissant les salaires. Leurs marges ont été aussi diminuées. Les entreprises qui ont un lourd poids de la dette risquent même la fermeture avec tout ce que cela peut entraîner pour leurs salariés et leurs fournisseurs.  

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jeudi 19 mars 2015

La discrimination sur le lieu de travail : les salaires sont les premiers touchés.

La discrimination sur le lieu de travail est un sujet qui nous préoccupe tous, surtout quand on appartient à cette catégorie qui se voit traitée comme des salariés de « second degré » qui ne profitent jamais comme il faut du succès et de la croissance de l’entreprise.


Une des explications données au gap entre les salaires du top et du bas de l’échelle, est la taille des entreprises qui grandit de plus en plus. Aux Etats-Unis par exemple, des statistiques ont montré que le 1% des salariés les mieux payés sont encore beaucoup mieux payés de nos jours qu’en 1980, alors que ceux appartenant à la classe moyenne ont vu leurs revenus diminués. Ceci n’est pas propre aux Etats-Unis et on peut le retrouver partout dans le monde. Il n’y a pas que la richesse qui n’est pas distribuée de façon équitable, les salaires le sont aussi et personne ne semble alarmé à propos de ce constat.
Certains spécialistes attribuent cette discrimination à la technologie. En effet, pour pouvoir manipuler une technologie de pointe, les entreprises ont besoin de salariés aux compétences très particulières que leur spécificité les rend très chères.
Les spécialistes ajoutent une autre cause, cette fois-ci liée à la taille de l’entreprise. Les grandes entreprises permettent de réaliser des économies d’échelles et d’être plus productives que les entreprises de taille plus modeste. Cette économie de coût et cette plus grande productivité peut permettre à ces firmes de payer des salaires plus élevés à leurs collaborateurs. Cela ne doit pas causer un problème de discrimination des salaires si tous les collaborateurs de la société sont augmentés du même taux. Mais malheureusement, ce n’est presque jamais le cas. Avec l’accroissement de la taille de l’entreprise, le gap grandit entre les mieux payés de la société et ceux appartenant à la classe moyenne ou se trouvant en bas de l’échelle salariale.

Pour essayer de réduire cette inégalité salariale, les experts proposent l’intervention des gouvernements. Ces derniers doivent éviter de recourir à une réforme du marché de travail. Au lieu de cela, ils doivent stimuler la concurrence en agissant sur l’une des cinq forces de Michael Porter : les barrières à l’entrée. Cela permettre la dynamisation de l’investissement par l’entré de nouvelles entreprises sur le marché, souvent de taille moins importantes que celle s’y trouvant déjà et la réalisation d’une distribution de salaires beaucoup plus équitables.  

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samedi 7 mars 2015

La Banque Mondiale et le Maroc : Un nouveau prêt pour soutenir le développement économique du pays.

Le Maroc a obtenu, le 2 mars 2015, un prêt de 200 millions de dollars de la Banque Mondiale.
Le prêt a pour objectif de soutenir la compétitivité du Maroc et les chantiers de réformes qu’il a lancé afin d’améliorer son environnement des affaires et de booster sa productivité et sa croissance. Les actions à entreprendre dans ce domaine visent notamment l’assouplissement et la simplification des différentes procédures commerciales et le respect des règles de la concurrence afin de relancer l’investissement marocain et étranger, de diversifier l’économie marocaine, d’améliorer les capacités d’exportation des firmes, de redynamiser le secteur privé et la création de l’emploi pour réduire le taux de chômage qui a avoisiné les 10% en 2014.
Le Maroc a entreprit la réforme de son économie et son cadre réglementaire depuis plus d’une décennie. Cependant, il lui reste encore beaucoup à faire pour pouvoir faire partie des pays émergents. Le nouveau prêt accordé par la Banque Mondiale a pour objectif d’aider le Maroc dans ses efforts de développement. Ainsi, le prêt soutiendra les réformes déjà lancées en 2013 et qui ont été financé par un premier prêt accordé par la Banque Mondiale. Ces réformes visaient la simplification des procédures relatives à la création et la gestion des entreprises.
Ce nouveau prêt soutiendra également les efforts d’amélioration des opérations commerciale et des échanges internationaux du royaume ainsi que la réforme de la gouvernance économique du pays, l’amélioration du climat des affaires, de la transparence et de la concurrence.

mercredi 25 février 2015

Décompensation du gaz butane, du sucre et de la farine : le gouvernement marocain va-t-il franchir le pas ?

Difficile de passer à côté du sujet. Ce matin, la presse écrite marocaine a publié plusieurs articles touchant un point très critique pour les marocains, celui de la décompensation de certains produits de base.
Après la décompensation et l’indexation des produits pétroliers sur les cours internationaux, le consommateur marocain va-t-il se voir dans l’obligation de payer la totalité du prix du gaz butane, du sucre et de la farine ? La presse a reporté que des sources au sein du ministère de l’économie et des finances n’excluent pas cette possibilité. A partir de 2016, les trois produits essentiels au quotidien du citoyen marocain se verront décompensés.
Les citoyens marocains ne peuvent que se réjouir pour cette année de répit. Le gouvernement semble reporter la décision de décompenser ces produits de première nécessité à cause des élections communales et régionales prévues en 2015. Il attend aussi les résultats de certaines études et du recensement de 2014. S’il est bien décidé à arrêter ses subventions, l’Etat veut cibler les populations fragiles et nécessiteuses qui seront impactées par une telle décision. Il n’est pas exclut que ces catégories feront l’objet d’une aide directe qui leur permettra d’amortir le choc relatif à l’augmentation des trois produits de base.
Pour le moment, rien n’est encore officiel. Cependant, cette décompensation est en quelque sorte attendue. Le Maroc est entré dans un grand chantier de réforme afin de rétablir ses équilibres macro-économiques. Le FMI, le taux d’endettement du pays et l’état de sa balance commerciale obligent le Maroc à entreprendre certaines mesures, douloureuses certes, mais nécessaires afin de rétablir l’équilibre et éviter au pays de franchir certaines lignes rouges qui auront un impact sur sa notation et son coût d’endettement.
Pour le moment, on ne peut que pratiquer le « Wait and See » et attendre les développements de ce dossier « très chaud » et très critique pour le gouvernement marocain. 

mardi 24 février 2015

Pétrole : une arme puissante dans la guerre des prix et de parts de marché

Le pétrole, l’or noir, l’élément indispensable à toute industrie, le très précieux liquide qui fait tanguer, positivement ou négativement, la  balance commerciale des pays est le sujet de l’article de cette semaine.

On comprend tous l’importance et l’effet du pétrole sur l’économie mondiale et sur la politique. A part son rôle de carburant pour l’industrie, le pétrole a été utilisé comme une arme pour faire pression sur l’une où l’autre partie pendant les guerres. A titre d’exemple, je cite l’embargo de 1973. Pendant la guerre de Kippour, et pour des raisons politiques, les pays arabes membres de l’OPEP ont lancé un embargo pétrolier contre les pays qui soutenaient Israël. Face à l’intervention américaine dans cette guerre entre les pays arabes et Israël, les principaux producteurs de l’or noir ont décidé d’augmenter le prix du baril de brut, de réduire la production et d’instaurer un embargo sur leurs livraisons de pétrole destinées à certains pays européens et aux Etats-Unis d’Amérique.
Ce petit rappel historique a pour but de nous montrer que lorsqu’il s’agit de pétrole, la situation peut être compliquée et comprend des considération qui ne sont pas toujours d’ordre économique. La politique a aussi son mot à dire.
Actuellement, les prix de pétrole sont en baisse continue. Ils ont atteints des niveaux si bas, qu’il est difficile de croire qu’il s’agit toujours du même carburant qui hante les pays importateurs au moment d’établir leur budget annuel et qui menace les équilibres financiers très fragiles de certains pays non producteurs.
En 2008, le pétrole a connu une augmentation de prix vertigineuse. Inférieurs à 60 dollars le baril de brut les prix ont grimpé en quelques mois et ont même dépassé les 130 dollars pour retomber  par la suite avant de grimper à nouveau. Cette variation à la hausse des prix de pétrole a impacté très négativement l’équilibre budgétaire, la balance commerciale et les réserves en devises des pays importateurs. Beaucoup se sont endettés pour pouvoir s’approvisionner en liquide noir. Industrie et consommation ménagère obligent.
Cependant, depuis 2014, les prix du pétrole sont en chute libre. Ainsi, le prix du baril du brut est descendu en dessous du seuil de 100 dollars et menace de baisser encore plus suite au ralentissement de la croissance de certains pays comme la Chine ou l’Union Européenne et la décision des pays producteurs de ne pas baisser la quantité produite, même si le prix du baril descend pour atteindre 20 dollar. A cela s’ajoute l’appréciation du dollar qui a poussé certains pays à réduire leur approvisionnement en pétrole et à tirer vers le bas la demande pour cette matière.
Cette situation qui fait le bonheur des importateurs et leur permet de reprendre leur souffle, n’a pas le même effet sur les pays exportateurs. Si certains arrivent à encaisser le coup et à tenir face à cette baisse des prix, d’autres le font moins. Et si cette baisse de prix est combinée à des sanctions et à des tensions diplomatiques, comme pour le cas de la Russie, son impact devient plus palpable et plus dangereux pour les équilibres macro-économiques du pays.
Puisqu’il y a certains producteurs dont le budget supporte très mal cette situation, pourquoi ne pas baisser la production pour stabiliser les prix ?
La réponse avancée par plusieurs analystes lie cette guerre des prix à une guerre de parts de marché. Les exportateurs veulent conserver leurs parts de marché devant l’apparition d’un nouvel concurrent qui est le pétrole de schiste exporté par les Etats-Unis et la réapparition de la Libye comme pays exportateur de l’or noir.  Pour le moment, le plus grand perdant de cette guerre sont les Etats-Unis car le coût du pétrole de schiste (aux alentours de 60 dollars) est supérieur à celui des autres exportateurs  et ne peux pas supporter une baisse en dessous de 40-50 dollars.
Pour le moment, personne ne peut prévoir l’évolution des prix du brut. Plusieurs facteurs sont présents pour rendre biaisée toute tentative de prévision. A l’état actuel des choses, et devant des Etats-Unis qui ne comptent pas baisser sa production et une reprise très lente de la croissance mondiale, on peut dire que cette baisse des prix va encore continuer, du moins dans le court terme.

vendredi 20 février 2015

Le microcrédit : un mode de financement et une arme contre la pauvreté

Le microcrédit est un moyen de financement présent dans beaucoup de pays. Son objectif est de favoriser la création d’emploi et lutter contre la pauvreté surtout pour les couches sociales en milieu rural ou celles qui ont beaucoup de mal à accéder à d’autres moyens de financement.
Ainsi, les organismes du microcrédit sont devenus un élément important pour l’économie vue leur impact sur le développement de micro projets au niveau local. La majorité des bénéficiaires de ce genre de crédits sont des femmes. Pour beaucoup d’entre elles, les petites sommes prêtées ont permis un grand changement de leur situation et une entrée d’argent qui ne peut que faire la différence pour des familles vivant dans la précarité.
Cependant, il ne suffit pas d’accorder des microcrédits. Parfois, les bénéficiaires ont besoin d’une sorte d’accompagnement et d’encadrement pour pouvoir réussir leurs projets. Il ne faut pas oublier que les emprunteurs sont en général des personne ordinaires disposant d’une idée ou d’un métier mais qui n’ont pas forcément les connaissances et les compétences nécessaires pour pouvoir mener leurs projets à bouts et réussir leurs affaires. Cet accompagnement est encore plus nécessaire si les organismes prêteurs veulent récupérer leurs capitaux et les gains qui vont avec. Un client dont l’affaire ne marche pas est un client qui aura beaucoup d’impayés ou qui sera complètement incapable de rembourser son emprunt.
Les organismes de microcrédit doivent aussi revoir leur taux à la baisse. Si l’objectif est de favoriser le développement local d’une certaine catégorie sociale et l’amélioration de la situation de personnes qui sont dans le besoin, il ne faut pas vider ce moyen de financement de tout sens en oubliant sa finalité et en surchargeant l’emprunteur. Il faut raisonner avec une logique de coopération pour que le particulier puisse réaliser son projet et l’organisme de financement récupérer son capital et ses intérêts.
 Les microcrédits peuvent être un véhicule du développement social et économique. Ils ont un but lucratif mais surtout un but social. Ce but social ne doit jamais oublié devant le désir de réaliser du profit car si les microcrédits ont faits des success stories, ils ont aussi ruinés des familles qui se sont trouvées noyées dans les dettes et incapables d’honorer leurs obligations.

mercredi 18 février 2015

La reprise de l’économie américaine et son rôle de locomotive de la croissance mondiale.

L’article de la semaine arrive avec une journée de retard et va vous parler de la reprise économique aux Etats-Unis d’Amérique.
Si la Chine s’essouffle et la Russie est en pleine difficulté, dans la région du Moyen-Orient, Afrique du Nord et dans certains pays asiatiques la croissance tend à reprendre son dynamisme et à se stabiliser après avoir connus beaucoup de perturbations ces dernières années. La zone euro se reprend en main mais un rythme plus lent que ce qui a été prévu et espéré par ses pays. La seule exception est l’Allemagne, ce pays fascinant auquel j’ai consacré l’article de la semaine dernière.(Lire l'article)
Dans cet environnement où tout le monde essaye de retrouver ses repères et améliorer sa croissance économique, l’économie américaine est entrain de sortir de la crise qui l’a affectée pendant quelques années et de redevenir l’une des locomotives de la croissance mondiale, avec un taux de participation qui s’approche de 3%. C’est sa plus large contribution depuis la crise financière de 2008.
La prospérité de l’autonomie américaine est due avant tout à son autonomie. Elle ne dépend pas des autres pays et par conséquent, les crises ou les difficultés de ses partenaires commerciaux ne peuvent pas avoir un grand impact sur elle. Les Etats-Unis ont aussi pu réduire le taux de chômage à moins de 6%. Cette amélioration de l’emploi, combinée à une augmentation des salaires, ne pourra qu’augmenter la consommation des ménages et dynamiser l’économie américaine.
La banque centrale américaine a enfin cessé ses injections de liquidité. Cependant, le rétablissement de la santé de l’économie américaine n’est pas fait à 100% et la banque centrale pourrait se voir obligée de continuer à supporter l’économie pendant un certain temps en maintenant les taux proches de zéro même si tout laisse croire que cette période de convalescence ne sera pas longue.


Les Etats-Unis ont même changé leur politique en ce qui concerne l’exportation du pétrole. Les entreprises américaines ont la possibilité d’exporter leur production. Une décision qui arrive en pleine guerre de prix entre les producteurs de pétrole pour conserver les parts de marchés. Je suis très curieuse de voir comment cette guerre de prix va évoluer et comment les Etats-Unis vont réagir car pour le moment, ils sont les plus grands perdants. Le coût de production de leur pétrole dépasse de loin celui des autres pays qui agissent dans le marché depuis des années.
L’économie américaine a évolué malgré la récession causée par la crise financière alors que d’autres pays du monde ont encore du mal à le faire. Les Etats-Unis ont réussi mieux que les autres pour des raisons qui reviennent principalement à la différence des fondements théoriques de la politique américaines et des caractéristiques de leurs stratégies.
La première raison de la reprise américaine est la reprise de la consommation intérieure. Comme je l’ai déjà mentionné, la banque centrale a maintenu des taux proches de zéro afin d’encourager la consommation. Et qui dit consommation, dit aussi relance de la production et de l’investissement.
La reprise américaine est aussi due à des mesures fiscales qui ont favorisées l’augmentation des recettes de l’Etat. Cette amélioration des revenus fiscaux est due à l’augmentation de certains taux d’imposition.
La reprise a été également favorisée par la maîtrise des dépenses publiques, l’assainissement des finances publiques et le remboursement des montants des prêts accordés par l’Etat pendant la période de la crise. Les Etats-Unis ont aussi mis en place des mesures favorisant les entreprises américaines sur les entreprises étrangères en matière d’appel d’offres pour encourager l’investissement et résoudre le problème du chômage.
A la différence des autres pays touchés par la crise, les Etats-Unis non pas hésités à prendre des mesures audacieuses sans se préoccuper de leurs effets immédiats sur le bilan. Ils ont continué à supporter l’économie au lieu d’adopter une politique caractérisé par l’austérité budgétaire.
Comme conclusion à cet article, on peut dire que l’économie américaine doit ses performances actuelles à plusieurs facteurs. De plus de l’intervention de l’Etat et de la banque centrale, l’économie américaine a su profiter des prix bas de l’énergie pour redynamiser l’investissement et l’industrie. Elle doit également sa survie à la grande capacité d’adaptation et de réactivité des entreprises américaines. Les autres économies qui sont toujours en difficultés doivent peut-être s’inspirer du modèle américain pour relancer la croissance de leur pays et sortir du gouffre de la crise économique.

samedi 14 février 2015

Quand le dollar devient plus musclé !

Après McDonald’s, Coca Cola et PepsiCo, les deux rivales éternelles ne vont plus bien.
Vous avez bien lu. Les deux géants des « fizzy drinks » ont vus leurs revenus chutés pour le dernier semestre de 2014.


Si certains de vous vont avancer le changement du régime alimentaire de beaucoup de gens comme cause de cette baisse, je peux leur dire qu’ils ont raison. Les gens sont devenus de plus en plus soucieux de ce qu’ils mangent. Le taux de personnes voulant vivre une vie saine et équilibrée augmente de plus en plus. Beaucoup ont peur de devenir obèse et de développer des maladies dont la cause principale est l’alimentation.
Cependant, ce n’est pas la seule et la principale raison.
Surement vous avez entendu que dernièrement, il y a eu une appréciation du dollar. Ce qui veut tout simplement dire que le dollar est devenu plus fort.
Si cela a de quoi réjouir les importateurs qui font des échanges commerciaux avec les Etats-Unis, d’autres entreprises souffrent vraiment des conséquences d’un dollar plus musclé.
Ainsi, Coca Cola et PepsiCo, dont les revenus proviennent non seulement des ventes sur le territoire américain, mais de celles réalisés dans tous les pays du monde, ont venu leurs profits chutés. C’est normal parce que les ventes réalisées en monnaies nationales, perdront beaucoup de leur valeur une fois converties au dollar. Un vrai casse tête pour les entreprises qui réalisent des opérations à l’international. De plus, les marges des boites américaines se trouvent affectées par l’augmentation de certains de leurs coûts à cause, encore une fois, de l’appréciation du dollar.
Si cette baisse de profits continue de la sorte, je me demande comment les grandes firmes américaines vont réagir. Vont-ils sortir de nouveaux produits qui, grâce à un jeu de design et une bonne compagne publicitaire, augmenteront le chiffre d’affaires réalisés sur le territoire américain ? Ou vont-ils faire pression sur la réserve fédérale  afin qu’elle revoit sa politique monétaire et sa décision d’appréciation du billet vert ?
Difficile de se prononcer pour le moment. On ne peut que regarder et attendre.

mardi 3 février 2015

Egalité homme et femme dans la vie économique au Maroc: Le CESE sonne l’alarme

Le 20 septembre 2014, l’actrice Emma Watson a prononcé un discours émouvant au quartier général des Nations Unies. Du fond de son cœur elle a appelé tout le monde à s’unir et à travailler la main dans la main pour réussir la compagne « HeForShe » (Lui pour elle) qui vise à réaliser le rêve éternel de toutes les  femmes, celui de l’égalité des sexes.


Pour la jeune actrice, aucun pays ne peut prétendre que ces citoyens et citoyennes jouissent des mêmes droits. Pas même les pays développés.
Emma n’est pas la seule qui s’inquiète pour les droits de la femme et qui veut agir pour améliorer sa situation. Au Maroc aussi, le rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental sur la parité vient d’être publié. Les données qu’il présente ne peuvent être qualifiées que d’alarmantes. Malgré tous les efforts du pays pour développer la condition de la femme, qui constitue une partie prenante importante du développement économique et social, la situation du Maroc en termes d’égalité entre femme et homme dans la vie économique est en train de s’empirer au lieu de s’améliorer.
Regardons de plus près les chiffres publiés par le rapport du CESE :
·         12,3 millions de femmes marocaines sont en âge d’activité (ont plus de 15 ans). 60,3% de ces femmes résident en milieu urbain ;
·         De la population des femmes marocaines actives, 7,3 million sont des femmes au foyer ;
·         Le pourcentage des femmes entrepreneurs ne dépasse pas 10% des entrepreneurs marocains ;
·         52,6% des femmes en âge d’activité sont analphabètes et seulement 32,9% disposent d’un diplôme ;
·         Au milieu urbain, 20,6% de femmes chôment contre 11,5%  seulement des hommes. Ce taux affiche des disparités régionales ;
·         Par rapport aux hommes, les femmes trouvent plus de difficultés à trouver un emploi et ceci quel que soit leur niveau scolaire ;
·         Au milieu rural, il y a plus de femmes actives employées mais derrière cela se cachent des problèmes encore plus grave comme la déperdition scolaire et le travail des enfants mineurs ;
·         La moitié des femmes actives en milieu urbain ne disposent pas de contrat de travail ;
·         Plus de la moitié des femmes actives et employées en milieu urbain ne dispose pas de couverture médicale. Ce taux atteint 98,8% dans le milieu rural. Les métiers occupent par la femme sont en général peu valorisants. Ironie du sort, celles qui ont reçu une éducation sont plus susceptibles de chômées ;
·         Seulement 12% des postes de direction sont occupés par des femmes. La discrimination qui empêchent les femmes d’accéder à des postes de leaderships et de responsabilités est observé dans le secteur public comme dans le secteur privé ;
·         Les femmes entrepreneurs sont confrontées à la difficulté d’accès au financement ;
·         Au niveau planétaire, le Maroc est très mal classé en matière de parité entre homme et femme. Le pays est considéré comme ayant une culture conservatrice quant au rôle socio-économique de la femme au sein de la société. Le taux d’activité des femmes marocaines est de 25% alors que la moyenne mondiale est de 51,8% ;
·         Le Maroc se situe dans la moyenne des pays arabes et ne fait pas figure d’exception dans la région MENA ;
Le code du travail marocain ainsi que le statut général de la fonction publique confèrent à la femme les mêmes droits que son collègue masculin, alors que dans la réalité elle souffre de la violation de ses droits en plus de harcèlement sexuel pour certains cas. Si la loi est de son côté, pourquoi la femme active marocaine se voit ses droits bafoués ?
Le CESE a énuméré plusieurs raisons qui expliquent cette inégalité. Les plus importantes ont des origines socio-culturelles. On a beau dire que le Maroc est un pays moderne, sa population limite encore la femme à son rôle de femme au foyer et de mère de famille, s’acquittant de l’éducation des enfants et des tâches ménagères.
Même dans le secteur privé, la gestion des ressources humaines se fait selon un modèle qui est plutôt masculin, ne prenant pas en compte les charges familiales supportées par la femme. Qu’elle assume ou qu’elle démissionne.
Dans son rapport, le CESE ne se contente pas d’énumérer les faits. Il donne aussi des recommandations pour résoudre ce problème de parité. Parmi ces suggestions on trouve :
·         Adoption de l’âge de 15 ans comme âge minimal définitif d’activité ;
·         Introduction du contrôle de « non discrimination » dans le champ d’action de l’inspection du travail ;
·         Promulgation de la loi sur le travail domestique ;
·         Introduction des quotas pour les postes de responsabilité occupés par les femmes ;
·         Présentation d’avantages fiscaux pour toute entreprise respectant la parité ;
·         Promotion et accompagnement de l’entreprenariat féminin ;
·         Etc.
Les données du rapport du CESE sont accablantes. La femme constitue une partie importante de la société. La vie moderne et les changements qu’elle a imposé ont mis fin à la vision traditionnelle de la femme qui la limitait dans le seul rôle de femme au foyer, chargée de donner naissance aux enfants et de s’occuper de la maison. De nos jours, on trouve des femmes responsables d’elles mêmes et de toute une famille. Elles doivent travailler dur pour nourrir toutes ces bouches qui dépendent d’elles.
La femme est un être à part entière, elle ne doit dépondre que d’elle-même pour s’entretenir et pour faire chemin dans un monde où les plus faibles n’ont pas leur place. Mariées ou célibataires, elles ne peuvent pas prévoir ce que l’avenir leur préserve. Face à l’inconnu, la meilleure solution reste de bien se préparer. Bien se préparer par une bonne éducation, par une connaissance de ses droits et par avoir du courage pour changer sa situation et s’affirmer.
L’égalité des hommes et des femmes au Maroc, dans tous les domaines et pas seulement dans la vie économique, est une affaire de mentalité. Malgré tous les efforts fournis et les rapports rédigés, rien ne changerait si les mentalités restent les mêmes. C’est comme si on essaye de restaurer la façade d’un bâtiment alors que ces fondements sont faibles et menacent de s’effondrer à tout moment. Ce changement de mentalités doit commencer chez les femmes en premiers lieu. Elles doivent comprendre ce qu’elles valent et comment leur rôle est important pour le développement du pays. Elles ne doivent plus laisser quelqu’un leur assigner un rôle bien défini dans la vie. Elles doivent s’affirmer et briser les chaines avec lesquelles la société les a enfermés.
Dieu a créé l’homme et la femme sur le même pied d’égalité, pourquoi alors laisser quelqu’un d’autre en décider autrement ?
Unissons nos efforts pour que les deux composantes de la société jouissent des mêmes droits. Luttons tous pour donner à la femme la place et la valeur qu’elle mérite, celle d’être à côté de l’homme, pas derrière lui.
N’oublions jamais que le développement d’une nation se fait par les efforts collectifs de toutes les parties qui la composent. Le déséquilibre d’une de ces parties ne peut que causer le déséquilibre de tous le processus du développement.
Alors ne fermons plus les yeux et agissons.

vendredi 30 janvier 2015

La loi Macron: Adieu le secret des affaires

C'est une grande victoire de la liberté d'expression en France et du droit des citoyens d'avoir accès à l'information.
Les amendements relatifs au secret des affaires de la loi Macron que Le Salon des Informations a présenté dans son article du jeudi 29 janvier "La loi Macron: Quand les intérêts des entreprises passent avant les intérêts des citoyens", ne font plus partie du projet de loi depuis la soirée du jeudi 29 janvier.
Le président François Hollande a répondu positivement aux demandes de retirer cette partie du projet de loi qui constitue une entrave au bon déroulement du travail des journalistes et une menace pour le droit d'information dont chaque citoyen français doit jouir.
Ainsi, à mon avis, le plus gagnant du retrait du secret des affaires n'est pas le journaliste mais le citoyen. Comme je l'ai déjà expliqué dans mon article précédent, il y a certaines entreprises qui n'hésitent devant rien pour augmenter leurs profits ou protéger leurs affaires. De ce fait, quand l'ambition n'a pas de limite et quand la cupidité fait taire le bon sens, le citoyen a besoin d'une troisième partie pour le protéger et aider à déjouer les complots que certains dirigeants sans scrupules mijotent afin d'augmenter leur chiffre d'affaires.
Le client est roi. Ceci, on nous l'a toujours répété dans nos classes de marketing. Si les entreprises respectent les "droits" de leurs clients et cherchent à établir des relations win-win, elles n'ont rien à craindre, secrets des affaires ou pas. Par contre, celles qui ne voient que leurs propres intérêts doivent refaire leur calculs. Les journalistes sont aux aguets et rien ne peut rester caché à l'infini.

jeudi 29 janvier 2015

La loi Macron : Quand les intérêts des entreprises passent avant les intérêts du citoyen

C’est un choc pour les journalistes, et pas des moindres. Sous prétexte de protéger les entreprises de l’espionnage industriel, le projet de loi a réservé un de ses amendements à la « protection » des entreprises qui pourraient  contester les informations publiées dans la presse, en utilisant ce que le projet de loi qualifie comme « secret des affaires ».
Plus grave encore, l'ambiguïté de la loi quant à définir ce qui relève du « secret des affaires » donnera libre voie aux entreprises pour déterminer  ce qu’elles considèrent comme faisant partie de ce secret, empêchant ainsi de tenir les citoyens informés sur des affaires qui touchent différents aspects de leur quotidien et de leur avenir.
Si ce projet de loi est adopté, le travail des journalistes sera entravé. La liberté de presse ne sera plus qu'un souvenir. Sous le risque de peines d’emprisonnement et de lourdes amendes pour les journalistes qui violent le secret des affaires, les entreprises pourraient faire la pluie et le beau temps. Plus rien ne les menacerait et le citoyen ne saura plus rien de leur manigances. Adieu les temps où les scandales éclatés et où les enquêtes des journalistes permettaient de dévoiler la vérité de certaines firmes.
Avant de valider ce projet de loi, il faut se rappeler que certaines entreprises placent leurs propres intérêts avant toute autre considération. Il suffit de revoir l’histoire du monde des affaires pour trouver des dizaines d'exemples d’entreprises qui n’ont pas hésité de recourir à des moyens frauduleux et non respectueux de l’éthique afin de s’enrichir ou de protéger leurs intérêts.
Les journalistes sont les alliés du citoyen. J’espère qu’aucune loi ne viendra mettre fin à cette alliance. Même pas la loi Macron.